Déjà cinq années se sont écoulées depuis ma rentrée de petit bachelier à l’ISEN (école d’ingénieurs de Toulon pour ceux qui ne connaissent pas encore) … aaaah nostalgie quand tu nous tiens.
Cinq années à user les chaises en plastique, à gratter du papier, à regarder sa montre … enfin pour moi, ça a surtout été cinq années à bavarder. Maintenant que je suis fraîchement diplômé (ou presque) il est temps de faire un petit bilan de mon passage à l’ISEN Toulon. Est-ce que ces cinq années ont été passionnantes comme l’annonce la brochure de l’école ? L’ISEN est-elle une bonne école ? La réponse dans la suite de l’article …
Tout d’abord petite présentation rapide de l’école
Présentation
L’ISEN (Institut Supérieur de l’Electronique et du Numérique) est en fait un groupe de 3 écoles après bac (Lille, Brest et Toulon). L’entrée se fait sur concours FESIC + dossier cependant tout le monde a sa chance.
En effet, ce n’est pas super sélectif car en fait la sélection réelle se fera pendant les cinq années. le groupe ISEN a une bonne réputation et est souvent bien placé dans les classements des écoles post-bac. Les promotions sont d’une centaine d’élèves en première année et d’une soixantaine en dernière année en raison des redoublements et abandons. Je le répète encore une fois pour ceux qui n’auraient pas compris, tout le monde a sa chance alors n’hésitez pas à passer le concours car il vaut mieux finir en école d’ingénieur qu’en IUT (j’assume entièrement cette opinion).
Programme des études
Comme c’est une école aprés bac, les études se font en 2 cycles :
- 2 années de cycle préparatoire : classes prépa intégrées Maths Sup (MPSI) puis Maths Spé (PSI)
- 3 années de cycle ingénieur : on attaque le vif du sujet mais on reste trés généraliste avec toutefois deux secteurs (électronique / informatique)
En prépa, les journées sont longues (8 heures) et 3 matières dominent largement les autres : Mathématiques, Physique et Sciences de l’ingénieur. Le rythme est soutenu et beaucoup d’élèves ne tiennent pas le coup. Il y a une sorte de première sélection naturelle. Ce sont en général les gens peu motivés, qui se
sont trompés de voie ou qui n’ont tout simplement pas le potentielle qui sont éliminés. Pas mal de redoublement aussi en deuxième année de prépa car le rythme est dur à maintenir 2 années. Un conseil : accrochez-vous en deuxième année car le redoublement est très difficile à vivre. Les cours peuvent paraître totalement inutile et inintéressant mais en fait ils ne servent qu’à acquérir une logique, une méthodologie et aussi à s’habituer à une lourde charge de travail. Cela n’empéche pas de se marrer de temps en temps :
En cycle ingénieur, le rythme reste soutenu mais cela est lié au nombre élevé de matières. On fait toujours un peu de physique et de maths mais il y a maintenant de
l’électronique, de la théorie du signal, des télécoms, des projets techniques, des stages et surtout des matières non-techniques telles que du management, de la gestion de projet, de l’analyse des risques … Il faut donc s’adapter à cette nouvelle façon de travailler et essayer de ne pas accumuler trop de retard dans chaque matière (plus facile à dire qu’à faire).
Remarque importante : Pour avoir le diplôme il faut réussir le First Certificate of Cambridge qui est un examen d’anglais qui est de mon avis bien plus complet que le TOEIC (plus connu). Il ne faudra donc pas délaisser cette matière que l’on affectionne si peu en France.
Particularités de l’ISEN
Dans toutes les écoles, les élèves s’occupent d’associations, mais à l’ISEN cela prend une dimension toute autre. En effet, les associations sont entièrement gérées par les élèves que ce soit au niveau du budget, de la logistique ou de la communication. Les assoces sont de véritables projets à part entière et l’école n’intervient qu’en temps que sponsor (encore faut-il décrocher leur sponsoring). L’école effectue tout de même un suivi régulier de l’avancement des associations grâce à des présentations devant la direction et les profs. Ces projets permettent d’appliquer un certain nombre de principes appris en cours de FHES (Formation Humaine Economique et Sociale). La gestion de ces projets a même une part non négligeable dans les notes de troisième et quatrième année. Je pense que les écoles laissant une telle liberté d’action à leurs élèves sont rares. Cela permet d’acquérir des méthodes et une autonomie que l’on ne peut tout simplement pas apprendre en classe mais aussi parfois de se découvrir des passions et d’avoir des souvenirs inoubliables comme par exemple ceux-ci avec mon assoce de voile :
Voici quelques liens vers des associations de l’école :
- AI²R (Robotique)
- Spisen (voile)
- ISEN Espérance (oeuvres caritatives)
- Junior Isen (mini-entreprise)
- Bureau de élèves (vie étudiante)
- Isen Inside (journal)
- …
Bilan et avis personnel
Il ne faut pas se leurrer, les cinq années sont difficiles. On en aura tous bavé jusqu’au
bout mais avec le recul on se rend compte que le jeu en vaut la chandelle. L’ISEN est vraiment une bonne école car lorsque l’on sort de là on est autonome, on sait s’adapter à la plupart des situations et on est habitué à avoir une charge de travail assez importante ce qui n’est pas le cas de toutes les écoles d"ingé. Je trouve que les écoles aprés-bac souffrent d’un manque de reconnaissance par rapport aux écoles après-prépa ce qui est bien dommage. Je suis content d’être finalement arrivé au bout du chemin et avec le recul je ne regrette pas du tout mon choix.
Je souhaite bonne chance à tous les candidats et élèves actuels et surtout n’oubliez jamais que même s’il y a des hauts et des bas, tout ce qui compte c’est d’arriver au bout pour récolter les fruits de son travail.
Dimanche 5 octobre 2008 à 21:04
J’aime bien le concept qui regarde les compétences à l’utilisation, plutot qu’imaginer qui a le droit d’entrer, cela me fait penser un peu au CNAM.
Cordialement
Dimanche 5 octobre 2008 à 22:18
oui, le plus dur n’est pas de rentrer dans l’école mais plutôt de rester dedans …
Lundi 6 octobre 2008 à 18:06
Très bel article qui résume bien l’ISEN.
Je tiens à rajouter un aspect dont tu ne parles pas trop mais qui est je trouve très important. L’ISEN c’est aussi une solidarité entre élèves. Il n’y a pas d’esprit de compétition négative. Et après avoir fini la formation cela continue. L’ISEN c’est aussi un réseau. Comparé à d’autres grandes écoles, nous ne sommes pas beaucoup à être diplomé ISEN car les promos sont petites et l’école relativement jeune. Cela entraine donc un certain lien entre les diplomés qu’on se connaisse ou pas. Et je trouve que c’est quelque chose à conserver et à utiliser dans le milieu du travail.
Bien sur, comme toi, je suis contente aussi d’avoir fini ses 5 ans… passionnants, oui on peut le dire! Car on s’est tous épanouie dans un projet ou une assoc.
Cette étape est finie maintenant c’est partie pour la vie active…
Samedi 22 novembre 2008 à 20:22
Ah ça me remonte le moral ! je suis en deuxième année du cycle prépa à l’ISEN Brest et je peux vous dire qu’en ce moment j’en chie mais heureusement on est tous dans la même galère et tous solidaire les uns des autres de plus les profs nous aident vraiment tout en gardant un niveau élevé pour nous préparer aux concours de fin d’année pas comme en prépa classique où ils font leur cours et se foutent de savoir si les élèves ont compris. Bref l’ISEN c’est dur mais c’est vraiment une super école!!
Lundi 2 mars 2009 à 22:36
Ton article a été super bien fais.
On devrais faire lire ce article à tous ceux qui aiment la facilité, je pense qu’ils changeront de mentalité.
Mardi 17 mars 2009 à 12:06
heureux de voir un « toulonnais » sur le net , bravo pour ce blog (je suis arrivé par tes tuto sur les clés linux)
Bonne chance pour tes débuts dans la vie active .
Lundi 19 octobre 2009 à 19:18
Salut,
Maintenant l’ai2r n’existe plus et à fait place la ‘isen enginnering.
http://isen-engineering.org/
Mercredi 21 octobre 2009 à 10:14
merci pour l’info. Le nouveau site est très réussi mais il manque un peu de contenu.